J’ai longtemps gardé des pulls que je ne mettais plus. Trop larges, démodés, ou simplement fatigués au niveau du col. Mais la laine, c’est précieux — ça tient chaud, ça se lave, ça dure. La jeter me semblait absurde. C’est en cherchant quoi faire d’un vieux pull gris trop grand que j’ai découvert qu’un bonnet se cachait dedans.
Ce projet ne demande pas de machine à coudre. Une paire de ciseaux, du fil à coudre, une aiguille, et une règle suffisent. En vingt minutes de travail effectif, un pull inutilisé devient quelque chose qu’on porte vraiment.
Quels pulls fonctionnent bien
Pas tous les pulls ne donnent le même résultat. Le critère principal : la composition.
La laine, le cachemire, le mérinos et les mélanges laine-acrylique sont idéaux. Ces matières ne s’effilochent pas ou très peu quand on les coupe, et elles gardent leur forme une fois cousues. Un bonnet en laine recyclée tient aussi chaud que s’il avait été tricoté neuf.
Le coton et le coton-polyester sont plus capricieux. Les bords coupés ont tendance à rouler sur eux-mêmes si le tissu est fin, et à s’effilocher s’il est en maille lâche. Résultat possible mais moins propre.
À éviter : les pulls très usés aux coudes ou aux manches, parce que la laine fatiguée cède facilement sous les points de couture. Teste la solidité du tissu en tirant légèrement dessus avant de commencer.
Ce qu’il faut
- 1 pull en laine ou mélange laine que tu ne portes plus
- Une paire de ciseaux bien aiguisée (les ciseaux de cuisine laissent des bords en dents de scie)
- Du fil à coudre assorti ou contrasté selon le résultat voulu
- Une aiguille à coudre classique
- Un mètre-ruban ou une règle
Optionnel mais pratique : des épingles pour maintenir les coutures avant de coudre.
La méthode étape par étape
Étape 1 : repérer la meilleure partie du pull
Retourne le pull et observe le tissu. Tu cherches une zone plane, sans usure, sans accroc. La partie centrale du dos est souvent la plus belle. Les manches, si elles sont longues, fonctionnent aussi très bien — elles ont la largeur idéale pour un bonnet adulte.
Étape 2 : couper le rectangle de base
Mesure le tour de ta tête (en général entre 54 et 58 cm pour un adulte). Divise par deux, et ajoute 2 cm de marge de couture de chaque côté. Pour une tête de 56 cm : (56 ÷ 2) + 4 = 32 cm de large.
Pour la hauteur du bonnet, compte environ 25 à 28 cm. Si tu veux un revers, ajoute 8 cm supplémentaires.
Coupe deux rectangles aux mêmes dimensions dans le pull.
Étape 3 : assembler les deux pièces
Place les deux rectangles endroit contre endroit (les deux « belles » faces ensemble). Épingle les côtés et le haut.
Cous à la main avec un point arrière sur les deux côtés et le haut. Le point arrière est le plus solide pour la couture à la main sur maille : tu piques deux fils en arrière, puis tu avances de quatre fils en avant. Répète. La couture doit tenir même quand tu enfiles le bonnet.
Étape 4 : fermer le haut
Pour éviter que le bonnet soit plat au sommet, pince légèrement le milieu du bord supérieur avant de coudre — ça donne une légère rondeur au bonnet une fois retourné.
Étape 5 : retourner et ajuster
Retourne le bonnet sur l’endroit. La couture est à l’intérieur. Si tu as prévu un revers, replie le bord inférieur vers l’extérieur sur environ 8 cm.
Aller plus loin : personnaliser le bonnet
La laine recyclée a une histoire. La laisser brute, sans rien ajouter, c’est déjà un choix. Mais quelques petits ajouts changent beaucoup l’aspect final.
Un pompon : le grand classique. Enroule de la laine une cinquantaine de fois autour de deux doigts, noue le centre très fort, coupe les boucles et arrondis le tout avec les ciseaux. Coud-le solidement au sommet du bonnet.
Une broderie simple : une initiale, une petite branche, un motif géométrique. Le bonnet en laine se brode très bien avec du fil mouliné — les mêmes fils que pour la broderie sur sweat.
Un revers contrasté : si le pull est bicolore ou si tu as deux pulls de couleurs complémentaires, utilise un tissu différent pour l’intérieur du revers. L’effet est propre et inattendu.
Ce que ça change de récupérer la matière
Il y a quelque chose de particulier dans le fait de travailler avec un tissu qui a déjà vécu. La laine d’un vieux pull porte une douceur que la laine neuve n’a pas encore — elle a été lavée, portée, assouplie. Le bonnet qui en sort est souvent plus confortable que quelque chose de neuf.
J’ai transformé plusieurs pulls de cette façon ces dernières années. Un pull de mon fils trop petit pour lui, devenu bonnet pour moi. Un vieux cardigan en cachemire gris trouvé en vide-grenier, dont j’ai fait deux bonnets pour l’hiver.
Ce genre de projet court est aussi satisfaisant qu’un projet long — peut-être même plus, parce que le résultat est immédiat.
Et les chutes ?
Ne jette pas les restes du pull. Selon la taille des morceaux récupérés :
- Les bandes étroites deviennent des lacets de sacs, des liens pour attacher des paquets cadeaux, des rubans de cheveux.
- Les carrés plus grands font des semelles de chaussons intérieures, des pièces de rembourrage pour une bouillotte maison ou une peluche à réparer.
- Les fils récupérés en effilochant les coutures peuvent être réenroulés et réutilisés pour du tricot ou de la broderie.
Un pull entier, correctement découpé et réutilisé, ne produit presque aucun déchet.
